C’est alors qu’elle comprit, à l’instar de certains de ses collègues masculins, qu’elle devait tirer partie de son physique : elle devait marquer les esprits. Quand elle entrait dans une pièce, n’importe quel quidam du cabinet devait pouvoir la reconnaître en un coup d’œil. Au-delà de ses compétences, de son professionnalisme, son apparence devait être sa signature. Certains de ses alter égo masculins ne portaient que des chemises noires, d’autres se rasaient la tête…

Margaux s’était confectionné un look. Elle portait toujours des tailleurs jupe, sous le genou, de couleur sombre, jouant sur la gamme des gris, beiges, marron et parfois noirs, rehaussés par un chemisier clair, blanc ou légèrement coloré. Elle portait des chaussures à talon : elle affectionnait particulièrement le style années 30 qui mettait les jambes en valeur. Son abondante chevelure rousse ondulée digne d’un soap de début d’après-midi était généralement ramassée sur sa nuque en un chignon souple, et quelques mèches éparses adoucissaient le tout. Daniel prétendait qu’ainsi vêtue, avec sa taille de guêpe, elle lui évoquait une héroïne de bande dessinée.

Mes points communs avec Margaux: le côté épicurien, le début de carrière en cabinet anglo-saxon, les grand-parents bouchers, l'oncle paternel décédé dans un accident de voiture.